PL EN


2018 | 8 | 53-63
Article title

Plénitude du vide : dévoiement libertin des vanités classiques

Authors
Content
Title variants
EN
Finding plenitude in a void. The libertine subversion of classical vanities
Languages of publication
FR
Abstracts
EN
Could vanities be the overlooked essence of so-called ‘libertine ’ fiction? 18th century French erotic literature has observed and analysed the new human con-dition on the brink of modernity. There is no more God to fill up the void, no more eternity to hope for beyond human finitude; only humanity, the present moment and the truth of a sensation. The adventures of this fiction ’s characters stage the wis-dom of the homo bulla that would be, tacitly, a coping mechanism to that new re-ality. Nothing is vanity for these frivolous beings, as long as the vanity of pleasures manages to keep away the memory of the vanity of life. However, the irony of those narrations suggests, like in the classical model of vanitas, that these temporal delec-tations may not be enough to avoid angst. The reader is asked a question as he or she discovers in the libertine figure an anamorphosis of all humanity: knowing that you are mortal, what will you choose between anguishes and vanities?
FR
Les Vanités composeraient-elles l ’essence trop souvent oubliée de la lit-térature dite « libertine » du dix-huitième siècle ? La fiction voluptueuse du siècle des Lumières a observé et problématisé la nouvelle condition humaine à l ’aube de la modernité : plus de Dieu capable de remplir le vide ; plus d ’éternité à espérer au-delà de la finitude humaine ; plus rien que l ’humain, le moment présent et la vé-rité de la sensation. Les personnages de cette littérature érotique mettent en scène une sagesse de l ’homme-bulle qui serait un mécanisme d ’adaptation à cette nouvelle réalité. Rien n ’est vain pour ces êtres légers, tant que la vanité des plaisirs tient à dis-tance le souvenir de la vanité de l ’existence que menace le néant. Cependant, l ’ironie de ces narrations libertines suggère, comme dans le modèle classique, que ces jouis-sances temporelles peuvent ne pas suffire à combler l ’angoisse du vide. Une question est posée au lecteur qui surprend, dans la figure du libertin, l ’anamorphose de l ’hu-main : toi, te sachant mortel, entre angoisse et insouciance, quelle voie choisis-tu ?
Contributors
References
  • Brunel, T. (2012). « Vanités textuelles », « Vanités littéraires », validité du concept et critères de reconnaissance dans la littérature du XVIIe siècle ? Études Épistémè, 22. Récupéré de https://journals.openedition.org/episteme/365
  • Casanova, G. (2013). Histoire de ma vie [1789-1798]. G. Lahouati et M.-F. Luna (éds.), Paris,France : Gallimard.
  • Compagnon, A. (2011). « Vaines pointures, mais toujours pointures » : Montaigne et L’Ecclésiaste. Dans J.-C. Darmon (dir.), Littérature et vanité. La trace de « L’Ecclésiaste » de Montaigne aux temps présents (p. 9-27). Paris, France : Presses Universitaires Françaises.
  • Darmon, J.-C. (2011). Un Ecclésiaste libertin ? Dans J.-C. Darmon (dir.), Littérature et vanité. La trace de « L’Ecclésiaste », de Montaigne aux temps présents (p. 61-98). Paris, France : Presses Universitaires Françaises.
  • Delon, M. (2011). Le Principe de délicatesse. Libertinage et mélancolie au XVIIIe siècle. Paris, France : Albin Michel.
  • Favre, R. (1978). La Mort dans la littérature et la pensée françaises au siècle des Lumières. Lyon, France : Presses Universitaires de Lyon.
  • Goncourt, E. et J. de. (1982). La Femme au XVIIIe siècle [1862]. Paris, France : Flammarion.
  • Klibansky, R., E. Panofsky et F. Saxl (1964). Saturn and Melancholy: Studies in the History of Natural Philosophy, Religion and Art. Londres, Royaume Uni : Nelson.
  • Laborie, J.-C. (2012). Vanités d’hier et d’aujourd’hui : permanence de l’éphémère. Études Épistémè, 22. Récupéré de https://journals.openedition.org/episteme/359
  • Lanini, K. (2006). Dire la vanité à l’âge classique. Paradoxes d’un discours. Paris, France : Champion.
  • Mauzi, R. (1965). L’Idée du bonheur dans la littérature et la pensée françaises au XVIIIe siècle. Paris, France : Slatkine.
  • Mercier, L.-S. (1944). Tableau de Paris [1781]. Paris, France : Mercure de France.
  • Métayer, G. (2011). Un Ecclésiaste voltairien ? Dans J.-C. Darmon (dir.), Littérature et vanité. La trace de « L’Ecclésiaste » de Montaigne aux temps présents (p. 99-118). Paris, France : Presses Universitaires Françaises.
  • Nitti, P. (dir.) (2010). C’est la vie ! Vanités de Pompéi à Damien Hirst. Paris, France : ESFP.
  • Pétrone. (1923). L’Œuvre de Pétrone : le Satyricon (Ier siècle après J.-C.). (L. de Langle trad.). Paris, France : Bibliothèque des curieux.
  • Poulet, G. (1949). Études sur le temps humain. T. 1 : La durée intérieure. Paris, France : Plon.
  • Quin, E. (dir.) (2008). Le Livre des vanités. Paris, France : Regard.
  • Rustin, J. (1978), Définition et explicitation du roman libertin au siècle des Lumières. Travaux de linguistique et de littérature, 16, 27-34.
  • Starobinski, J. (1987). L’Invention de la liberté : 1700-1789. Genève, Suisse : Skira.
  • Tapié, A. (dir.) (1991). Les Vanités dans la peinture au XVIIe siècle. Méditations sur la richesse, le dénuement et la rédemption. Paris, France : Réunion des Musées Nationaux.
  • Tapié, A. (2010). Vanité. Mort, que me veux-tu ? Paris, France : La Martinière.
  • Voltaire. (1961). ‘Le mondain’ [1736]. Dans J. Van Den Heuvel (éd.), Voltaire : Mélanges (p.203-206). Paris, France : Gallimard.
  • Voltaire. (1979). L’Ingénu [1767]. Dans F. Deloffre et J. Van Den Heuvel (éds.), Voltaire : Romans et contes (p. 285-347). Paris, France : Gallimard.
  • Vovelle, M. (1983). La Mort et l’Occident de 1300 à nos jours. Paris, France : Gallimard.
  • Wajcman, G. (2010). El Embalsamador. Méditation sur les vanités, l’image et les quatre morts. Dans P. Nitti (dir.), C’est la vie ! Vanités de Pompéi à Damien Hirst (p. 117-19). Paris, France : ESFP.
Document Type
Publication order reference
Identifiers
YADDA identifier
bwmeta1.element.desklight-22e9e8b8-a7e3-4c41-b95b-8980dba443cf
JavaScript is turned off in your web browser. Turn it on to take full advantage of this site, then refresh the page.